« Sanctuaire : ce lieu est saint ! »

« Sanctuaire : ce lieu est saint ! »

Le pape François en définissant l’Église comme un « hôpital de campagne » nous invite peut-être à redécouvrir que nos églises sont des sanctuaires. Un bâtiment qui est saint, non comme un temple païen mais parce qu’il sanctifie, rend saint. Lieu du rassemblement pour la prière commune, lieu des sacrements, le sanctuaire indique aux chrétiens que c’est l’Église, communauté fécondée par la charité divine qui est le sanctuaire non *fait de main d’homme.

Depuis ses débuts, l’Église accueille des pauvres dans ses édifices. Elle manifeste ainsi que les plus pauvres font partis de la construction de la vie fraternelle, nous aident à en avoir un juste souci, bien au-delà de nos besoins de reconnaissance les uns devant les autres. Mais aussi, que la justice des hommes laisse des frères sur le bas-côté et nécessite une justice divine, transcendante, qui dépasse nos maladroits essais d’équité. Le pauvre au centre de nos édifices lui redonne sens. Il donne au culte une dimension communautaire pour toute une société. Grâce à sa présence, il devient ridicule de définir la vie chrétienne comme une affaire d’opinion privée qui ne concerne que quelques croyants. Il donne la dimension prophétique de la communauté chrétienne comme vie fraternelle qui anticipe le Royaume proposé à tous.

Pour donner corps à cela, le diocèse de Paris, dans l’Hostel-Dieu, accueille dix personnes de la rue dans une église du Marais. Devant les autorités, mairie et préfecture, c’est un exercice du culte indispensable de la foi chrétienne. C’est un témoignage de la sainteté du lieu qui leur est donné. Aidant à reposer, à reconstruire nos frères les plus abîmés, c’est une manifestation de la sainteté de Dieu. Rendons grâce pour cet hôpital de campagne, lieu saint.

Père Pierre-Oliviers PICARD