Ce dimanche, l’église est ouverte pour une prière pour la paix, dans un désir d’accueillir tous les passants, les voisins, les touristes, pour qu’ils découvrent la beauté de notre église, sublimée par des artistes et un éclairage à la bougie. Mais pourquoi appeler cette évènement « Lumière des Nations » ?
C’est que lundi 2 février, ce sera la fête de la Présentation de Jésus au Temple. Quarante jours depuis Noël, c’est la durée légale pour présenter un nouveau né « au prêtre, à l’entrée de la tente de la Rencontre » (Lévitique 12, 6). Lors de ce pèlerinage, la Sainte Famille rencontre « un homme appelé Syméon, un homme juste et religieux », qui « avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur ».
L’espérance du Messie est celle de tout le peuple juif, car tous les prophètes de l’Ancien Testament annoncent — petit à petit, mais de plus en plus clairement —, sa venue. Syméon est la figure tutélaire de cette attente séculaire, qui, enfin, s’accomplit. D’ailleurs son nom Shemaya, signifie étymologiquement « le Seigneur a entendu ».
Lui sur qui était l’Esprit Saint (cf. v. 25) avait eu cette motion « de l’Esprit-Saint » (v. 26) et vient au temple « sous l’action de l’Esprit » (v. 27). Alors, lorsqu’il reçoit l’enfant Jésus entre les bras, il prend conscience que le moment est arrivé, et qu’il a entre les mains Celui qui et notre Salut !
Et c’est là que Jésus est qualifié de « lumière qui se révèle aux nations » : cet enfant juif qui nait en Israël et qui est présenté au Temple de Jérusalem n’est pas seulement la lumière des juifs, mais bien la lumière pour tous les hommes et toutes les femmes. Voilà la Bonne Nouvelle qu’il nous faut annoncer à nos contemporains qui souvent cherchent cette lumière ailleurs. Nous sommes d’autres Syméon, car le Seigneur nous entend, et que nous l’avons nous aussi rencontré. Et s’il est vraiment celui qui peut nous combler parfaitement de son amour infini, nous pouvons faire nôtres ces paroles, et pourquoi pas, chaque soir, les reprendre avant de nous coucher :
« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël.»
Père Laurent GHIRARDOTTI
