Baptême du Seigneur

Baptême du Seigneur

Reprenons : d’abord la nativité dans la crèche, sur le thème de la pauvreté, puis l’Épiphanie où la gloire de Dieu se manifeste par les dons royaux des mages venus d’Orient.
Aujourd’hui, le baptême de Jésus par son cousin Jean, le baptiste. D’un épisode d’enfance, nous voilà passé au début de sa vie publique. D’une semaine à l’autre, c’est une ellipse d’une trentaine d’année, dont nous ne savons presque rien, au bout de laquelle…
« Alors paraît Jésus. » (Mt 3, 13a)
C’est avec le même verbe que Saint Matthieu souligne trois apparitions au début de son évangile :
• celle des mages : « voici que des mages venus d’Orient arrivèrent (parurent) à Jérusalem » (Mt 2, 1b),
• puis celle de Jean : « En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste » (Mt 3, 1a),
• et enfin, celle de Jésus : « Alors paraît Jésus. » (Mt 3, 13a).
Le voilà, Jésus, prêt à commencer sa vie publique, à nous enseigner comme jamais Dieu n’avait réussi à le faire en passant par des prophètes. Car « le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous » (Jn 1, 14a) : la Parole, celle qui a résonné dans le monde pour en déclencher sa création, cette Parole se fait proche de nous pour nous témoigner du dessein amoureux que le Seigneur a pour nous, pour que nous osions venir reposer sur son cœur.
Pour le moment, Jésus nous guide vers les eaux du baptême, comme il guide aujourd’hui encore quelques catéchumènes à entrer officiellement dans ce chemin qui les conduira a plonger eux aussi. Mais alors…
Quelqu’un dira peut-être : « Lui qui est Saint, pourquoi a-t-il voulu être baptisé ? » Écoutez donc. Le Christ est baptisé non pas pour être sanctifié par l’eau, mais pour sanctifier lui-même l’eau et pour purifier par sa pureté ces flots qu’il touche. La consécration du Christ est en effet la consécration fondamentale de l’élément.
S’il nous montre le chemin aujourd’hui, il en profite pour transformer l’eau, pour la sanctifier et la rendre apte à nous transmettre la grâce immense qui fait de nous des fils bien-aimés et filles bien-aimées de Dieu, sources de sa joie !
J’ajoute aussi cette belle invitation de Jésus à Jean-Baptiste : « Laisse faire pour le moment ». À nous qui souvent souhaitons tout maitriser, tout contrôler, le Seigneur nous rappelle, que même s’il est discret, il est le seul maître à bord. Bien des affaires sont de notre ressort, de notre devoir d’état, mais dans notre relation à Dieu, laissons-nous faire. Soyons patients comme Lui-même est patient. Aimons comme Lui-même aime.

Père Laurent GHIRARDOTTI