« Lazare, viens dehors ! »

« Lazare, viens dehors ! »

« Seigneur, celui que tu aimes est malade. » À cette nouvelle, Jésus ne bouge pas… Cet évangile est scandaleux ! Saint Jean affirme dès le début que Jésus aime Lazare et ses sœurs. Et lorsque quatre jours après il se rend chez son ami, les deux sœurs lui disent : « Si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort… » Et c’est vrai ! Jésus avait la puissance de guérir son ami. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Et lorsque Marthe lui demande d’intercéder maintenant, Jésus ne fais encore rien, et lui demande même un acte de foi : « Je suis la résurrection, le crois-tu ? » Jésus écoute Marie, et la voit pleurer. Lorsqu’on veut le conduire au tombeau de son ami, il pleure. Tout en lui est saisi : il frémit en son esprit, est troublé en son âme, et il verse les larmes de son corps. À ce moment-là, les témoins de ces larmes du Christ se divisent en deux groupes. Certains disent : « Voyez comme il l’aimait. » Mais certains se demandent : « Puisqu’il a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas, sauver son ami ? » Ces personnes semblent ne pas pouvoir reconnaître l’amour de Jésus. Jésus aime-t-il vraiment Lazare ? Ne verse-t-il pas des larmes de crocodile ? À moins qu’il ne soit en fait qu’un imposteur ? L’amour n’est pas reconnu, et la puissance de l’amour demeure cachée à l’œil de celui qui n’aime pas.

« Lazare, viens dehors ! » Jésus, rendant grâce à son Père, ressuscite son ami. Alors beaucoup d’entre les Juifs crurent en lui. Et le Grand-prêtre prophétise que Jésus allait mourir pour tout le peuple, et les membres du grand conseil résolurent de le tuer (cf. Jn 11, 45-54). En donnant la vie à son ami, Jésus a « signé son arrêt de mort ». Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour celui que l’on aime.

Par le père Romain Civalero