Le chemin escarpé de la sainteté
Nous fêtons les saints et les saintes de Dieu, connus ou anonymes, des hommes et des femmes qui ont attesté par toute leur vie de l’amour de Dieu.
Cette recherche de la volonté de Dieu et de son amour ne se fait pas sans peine. Vivre uni à Dieu n’est pas un paratonnerre qui nous assurerait un bonheur sans faille ici-bas. C’est ce qu’indiquent les formules paradoxales du sermon sur la montagne que nous écoutons dans l’évangile de ce jour : « heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés, heureux ceux qui sont persécutés… ».
La Vierge Marie dans un style analogue disait à Bernadette : « je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l’autre. » Trop souvent me semble-t-il nous cherchons à faire de la foi au Christ un outil de bonheur et de développement personnel. Nous oublions que notre bonheur est d’abord lié au salut apporté par Dieu, cause profonde de notre joie. Parmi les saints que notre paroisse accueille, se trouvent deux figures sur lesquelles je m’arrête un instant. Sainte Louise de Marillac, femme mariée, puis veuve, puis consacrée, a connu de grands moments de crise existentielle, et sa vie durant devra choisir la sainteté dans le service des pauvres au milieu de difficultés familiales et sociales : elle traverse les catastrophes de la guerre de trente ans et de la Fronde. Le bienheureux prêtre Claude Chaudet, moins connu, - son épitaphe est dans la chapelle du Sauveur de l’église -, au service de la paroisse de saint Nicolas verra sa vie abrégée par la folie révolutionnaire. Il est massacré en septembre 1792 dans l’enceinte de l’actuel Institut Catholique de Paris avec tant d’autres condisciples.
Remettons-nous à leur intercession : qu’ils nous guident parmi les tribulations dans notre chemin vers Dieu et qu’ils nous obtiennent les missionnaires et les prêtres dont l’église a besoin pour annoncer la joie du salut.
Père Bertrand Arsac