Lumière de Sainte Louise de Marillac

Lumière de Sainte Louise de Marillac

Dans notre paroisse, le dimanche 4 juin 1623, Madame Louise Legras reçoit une lumière particulière qui la permet de voir plus clair sur sa vocation.

Au recto :

En l'année 1623, le jour de sainte Monique, Dieu me fit la grâce de faire vœu de viduité si Dieu appelait mon mari.
Le jour de l'Ascension en suivant, j'eus un grand abattement d'esprit pour le doute que j'avais, si je devais quitter mon mari, comme je le désirais fortement pour réparer mon premier vœu et avoir plus de liberté de servir Dieu et le prochain.
Je doutais encore que l'attache que j'avais à mon directeur m'empêchât d'en prendre un, lui absent pour longtemps, et craignais y être obligée. Et j'avais encore une grande peine pour le doute de l'immortalité de l'âme. Ce qui me fit être, depuis l'Ascension jusqu'à la Pentecôte, en une peine incroyable.
Le jour de la Pentecôte, oyant la Sainte Messe ou faisant l'oraison à l'église, tout en un instant, mon esprit fut éclairci de ses doutes. Et (je) fus avertie que je devais demeurer avec mon mari, et qu'un temps devait venir que je serais en état de faire vœu de pauvreté chasteté et obéissance, et que je serais en une petite communauté où quelques-unes feraient le semblable. J'entendais lors être en un lieu pour servir le prochain, mais je ne pouvais entendre comme cela se pourrait faire à cause qu'il y devait avoir allant et venant.

Verso :

Je fus encore assurée que je devais demeurer en repos sur mon directeur et que Dieu m'en donnerait un qu'il me fit voir, ce me semble, et sentis répugnance d'accepter, néanmoins j'acquiesçai et me semblait que c'était pour ne pas encore devoir exécuter ce changement.
Ma troisième peine me fut ôtée par l'assurance que je sentis en mon esprit que c'étaitDieu qui m'enseignait ce que dessus, et que, y ayant un Dieu, je ne devais douter du reste.
J'ai toujours cru avoir cette grâce du Bienheureux Monseigneur de Genève, pour avoir, avant sa mort, grandement désiré lui communiquer ces peines et, depuis, y avoir senti une grande dévotion, et reçu par ce moyen beaucoup de grâces, et en ce temps j'eus quelque sujet de le croire dont il ne me souvient pas maintenant.

Texte tiré des œuvres de Sainte Louise, disponibles ici.