La Bonne Nouvelle de l’Ascèse

La Bonne Nouvelle de l’Ascèse

« Personne ne se scandalise des exercices répétés, des échecs consécutifs, des mauvais sommeils, ni même des frustrations qu’exige le bon apprentissage du piano ou de la boxe française. Pourtant, les 40 jours du Carême et ses traditionnels efforts montrent que l’ascèse nous est devenue peu familière si ce n’est repoussante lorsqu’il s’agit de la vie chrétienne. L’ascèse désigne toutes les pratiques qui doivent nous arracher à nous-mêmes (se lever plus tôt, manger moins, supprimer un aliment, prier plus, servir au café Ozanam, ranger et donner des affaires, s’intéresser aux pauvres, etc.) afin de nous préparer à la grande Veillée de Pâques, à la Résurrection du Seigneur. L’origine du terme « ascèse » se trouve dans la langue grecque, où elle signifie « l’entraînement sportif ». Saint Paul lui-même apprécie cette comparaison entre le pèlerinage terrestre des chrétiens et les courses du stade : « Tous les athlètes à l’entraînement s’imposent une discipline sévère ; ils le font pour recevoir une couronne de laurier qui va se faner, et nous, pour une couronne qui ne se fane pas ». (1 Co 9,25).

Où est alors la Bonne Nouvelle dans cette rude ascèse des efforts de Carême ? C’est bien sûr dans sa source et dans son objectif que nous devons la chercher : la rencontre du Christ, mort et ressuscité pour notre salut. « Moi, si je cours, ce n’est pas sans fixer le but ; si je fais de la lutte, ce n’est pas en frappant dans le vide » (1 Co 9,26), insiste saint Paul. L’ascèse et les exercices de jeûne ne sont pas une bonne nouvelle en eux-mêmes mais plutôt le signe que le Seigneur nous offre un temps de conversion. Et ce temps ne doit jamais être tenu pour acquis, nous rappelle le Pape François dans son Message de Carême. Le but de ce temps gratuit est donc de laisser le Seigneur crucifier nos péchés, afin d’accéder à sa Résurrection, qui est aussi la nôtre. Ne nous affligeons pas : l’ascèse reste souple dans l’Église et l’échec dans nos efforts est l’occasion d’actes d’humilité. La grâce s’engouffre d’autant mieux en nous que le Père voit au plus secret notre bonne volonté (Mt 6, 18). »

Par le Père Benoît d’Arras