« Sel »

« Sel »

L’image du sel, que Jésus applique à ses disciples dans l’évangile de ce dimanche, est un parfait résumé de notre vocation baptismale : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens » (Mt 5,13).

Grâce à notre baptême, nous portons au monde la présence de l’Esprit Saint. Et pourtant, ce sublime appel des chrétiens n’est effectif qu’à la condition de devenir d’authentiques serviteurs de Dieu et du prochain. Le baptême est-il fécond s’il reste sans réponse ? Le Pape François le rappelle, il est alors comme « le sel en bouteille » et nous devenons des « chrétiens de musée » (homélie du 23 mai 2013). Nous savons tous dès le plus jeune âge que le sel remplit deux fonctions : assaisonner les aliments et les conserver. Le sel ne prend ainsi sa mesure que s’il est ajouté aux aliments, et non s’il reste inutilisé ; il en révèle alors toutes les richesses, permet de les goûter en plénitude et de les garder longtemps.

Ce sel que nous avons reçu du Seigneur pour le diffuser, c’est le don de la charité. Tout faire par charité, c’est atteindre le sens véritable de nos actions. Tout comme les Hébreux au Temple devaient accompagner leurs offrandes de sel, pour ne pas oublier que respecter la Loi est une réponse d’amour à la gratuité du Seigneur : « tu ne laisseras point ton offrande manquer de sel, signe de l’alliance de ton Dieu ; sur toutes tes offrandes tu mettras du sel » (Lv 2,13).

Par le Père Benoît d’Arras