« La grâce du début »

« La grâce du début »

Depuis l’Antiquité chrétienne, en Occident du moins, l’Église célèbre la nouvelle année liturgique le premier dimanche de l’Avent. Mais pourquoi ce jour, plutôt que celui de la Nativité ou du Baptême du Seigneur ? Sans doute parce que nous ne sommes pas encore dans le temps de la Gloire de Dieu, où lui-même essuiera toute larme de nos yeux (Ap 21,4). Notre temps est celui de l’attente, de la croissance, avec toutes les joies qu’il comporte déjà. Et Jésus ne veut pas que nous passions à côté de la préparation et de l’enfantement !

Comme la Vierge Marie a couru en toute hâte à l’annonce de la grossesse d’Élisabeth et de la sienne (Lc 1,39), nous commençons l’année liturgique par la joie d’un enfant, Fils du Très-Haut, qui naîtra bientôt et accomplira les promesses du Messie (Lc 1,32). En 2010, Benoît XVI avait ouvert l’Avent dans cet esprit : « Chaque début comporte une grâce particulière, car il est béni par le Seigneur ». C’est bien ce début, ce commencement, que l’Église a choisi pour marquer le rythme des années. Serait-ce parce que le Royaume suppose de ressembler aux petits enfants (Lc 18,16) ? Le Seigneur nous demande de voir avec émerveillement, comme à nos débuts, car il a lui-même voulu parcourir toutes nos étapes de croissance humaine, du petit enfant contre sa mère (Ps 130,2) jusqu’à l’homme de la maturité.

Ce dimanche peut être alors le bon moment de poser à Dieu deux questions : où veux-tu que je prenne un nouveau départ, un nouveau début ? En quoi veux-tu que je grandisse cette année, Jésus ? Nous pourrons aussi exprimer à Marie la prière finale de l’hymne Ave Maris Stella : « Que, dans la vision de Jésus, à jamais nous soyons en liesse » !

Par le Père Benoît d’Arras