« A quoi servent les apocalypses ? »

« A quoi servent les apocalypses ? »

Chaque année, alors que nous nous approchons du dernier dimanche de l’année liturgique (dimanche prochain), l’Église nous donne à entendre à la messe quelques-unes des parties « apocalyptiques » de la Bible. Il semble que ces textes, tirés de l’Ancien Testament ou de l’Évangile, sans parler de l’Apocalypse de St Jean, se plaisent à nous annoncer des malheurs terrifiants, qui nous fascinent et nous inquiètent. On se demande à quoi servent ces annonces, et s’il est possible de deviner par elles ce qui devrait nous arriver en 2020, 2021 ou en 2050, etc ; voire, mais de manière cachée, la date de la fin du monde ? A tout cela, il faut répondre très franchement : non ! Quant à elle, la date de la fin du monde n’est connue de personne, sinon du Père, pas même du Fils Jésus, ni même des Anges – et encore moins les hommes (cf. Mt 24, 36).

Mais alors, à quoi servent les apocalypses ? On peut répondre simplement : d’abord, le mot « apocalypse » signifie « révélation » ; et il n’y a d’autre révélation dans l’Écriture que celle de Jésus-Christ. Or, de ce point de vue, les événements terrifiants du monde ne nous apprennent rien de spécial sur Jésus, car ils sont liés en définitive au seul péché de l’homme. Mais si les textes « apocalyptiques » nous les annoncent, c’est pour nous rappeler que Jésus règne dans le monde, malgré eux : pour les Juifs ou les premiers chrétiens, ce fut la destruction du Temple de Jérusalem par les Romains en l’an 70 ; pour nous, cela peut être un tremblement de Terre, ou tel acte terrifiant posé par des hommes, ou encore, le réchauffement climatique, etc.

Car si Dieu nous en parle à l’avance, c’est bien pour nous dire qu’il est, lui, par-dessus tout cela ; qu’il tient tout dans sa main et conduit le monde selon son Dessin, et que le péché n’a pas le dernier mot. Les apocalypses nous invitent surtout à ne cesser de chercher la présence du Christ en nos cœurs, auprès de nous – et c’est la raison des invitations à ne pas nous laisser égarer, ou à ne pas nous effrayer (cf. l’Évangile d’aujourd’hui). Oui ! Dieu est plus grand que tout ; oui ! Son Fils a vaincu la mort ! Oui ! Jésus nous donne la victoire ! De quoi donc aurions-nous peur ?

Par le Père Olric de Gélis