« Le mariage, une école de l’amour »

« Le mariage,  une école de l’amour »

Dans ces dernières années de la vie de l’Église, le saint Pape Jean-Paul II a heureusement approfondi la théologie du mariage. À la lumière de son enseignement, l’Église confesse plus précisément que le mariage est une authentique vocation et qu’une mission est attachée au sacrement de mariage. Celle-ci consiste à signifier dans le monde l’amour indissoluble du Christ et de l’Église. En présence de cet enseignement, nous pourrions nous demander si l’évangile de ce dimanche ne dévalorise pas le mariage en le réservant à la vie dans ce monde. La réponse est négative comme en témoigne le fait que ce passage évangélique est longuement commenté par Jean-Paul II au service du développement de sa théologie du mariage ! Retenons de son étude que le mariage – comme toute vocation – doit être situé dans la perspective de la vie éternelle et, tout particulièrement, dans celle de la résurrection de la chair. Dès lors, au lieu d’entendre les paroles de Jésus de ce dimanche comme une dévalorisation du mariage, nous pouvons saisir qu’elles situent le mariage dans la vocation commune de tous les hommes à aimer Dieu et le prochain. Apprendre à recevoir l’amour – de Dieu et du prochain – et à aimer en retour est ainsi au cœur de la vocation des époux. Ceux-ci sont du reste dans une école très exigeante ! Les voilà avec un prochain… tout proche !

Ajoutons alors que, s’ils rendent présent l’amour du Christ et de l’Église par l’amour quotidien vécu entre eux, ils ne sont pas appelés à s’aimer seulement l’un l’autre. Les paroles de Jésus de ce jour montrent effectivement que leur relation n’est pas fermée sur elle-même. Elles leur rappellent qu’ils sont en route vers la résurrection de la chair. Or, celle-ci interviendra à la fin des temps lorsque « Dieu sera tout en tous » (cf. 1 Co 15, 28) et que nous serons unis les uns aux autres en Lui. Il en résulte par conséquent que le mariage ne peut pas être clos sur lui-même. La communion des époux est faite pour s’ouvrir aux enfants que Dieu leur donnera, aux pauvres qu’ils rencontreront, aux personnes qui leur seront confiées, etc. Si, après la résurrection de la chair, les époux auront certainement des liens particuliers en raison de la charité qui les aura unis sur cette terre, nous pouvons néanmoins comprendre que, dans l’état de ressuscité, ni l’homme, ni la femme, ne se marie. Oui, comme le dit Jésus, dans la résurrection, les êtres humains sont semblables aux anges, c’est-à-dire qu’ils s’aiment tous en Dieu.

 

Par le Père Philippe de Forges