« Laisse les morts enterrer leurs morts »

« Laisse les morts enterrer leurs morts »

N’est-ce pas risqué de suivre l’école de Jésus ? Non seulement il y a fort à parier que l’on ne sera pas bien reçu, mais surtout le respect dû à sa famille et aux défunts semble problématique. Puisque par trois fois, Jésus insinue qu’on ne peut le suivre, soyons attentifs à la mise en route de Jésus lui-même. Jésus prend la route de Jérusalem « alors que s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel » : l’initiative de cette montée ne vient pas de la Terre, mais du Ciel ; Jésus s’accorde au temps voulu par le Père. Il se tourne vers Jérusalem « le visage déterminé » : sa parfaite réponse à la volonté du Père précède tout appel et toute initiative des disciples. Et il ne modifie pas sa destination en fonction des oppositions, ne les vainc pas par la violence ou le feu du Ciel. C’est lui qui, dans sa chair, entrera dans le Ciel même !

Reprenons : « Le Fils de l’homme n’a pas où reposer la tête. » Il n’a pas de maison où se reposer sur la Terre. Son chemin, et toute son école, conduit à la tombe. Celle que Joseph d’Arimathie lui donnera. Son seul repos sera, au-delà du Saint Sépulcre, le Ciel, la maison du Père. « Laisse les morts enterrer les morts. » Qui prétendra aider son père à traverser la mort s’il ne porte pas la Parole de celui qui ressuscite les morts ? C’est pourquoi il nous faut « annoncer le Royaume de Dieu ». Seule la foi au Fils de Dieu fait de nous des vivants, et fera de nos paroles et nos actes un hommage digne des fils de Dieu.

Il est pourtant bon de vivre et marcher dans l’école de Jésus ! Je ne pourrai me reposer plus longtemps à Saint-Nicolas, et Aix-en-Provence ne sera encore pour moi qu’un lieu de passage. Mais il fut bon d’être rafraichi au milieu de vous sur la route, par votre amitié fraternelle, celle qui vient de l’Esprit-Saint. Merci à vous tous ! Grâces en soient rendues à Dieu.

Par le père Romain Civalero