Tous nous avons part à sa Plénitude

Tous nous avons part  à sa Plénitude

L’éloge de la Sagesse tirée du livre des Proverbes chante avec poésie que toutes les créatures sont comme le joyeux chatoiement de l’engendrement éternel du Fils par le Père, et que la relation de chaque créature à son Créateur s’enracine dans l’amour filial de la Parole créatrice envers le Père. Au livre des Psaumes, la louange du roi David contemple la gloire promise aux hommes dans le couronnement du Christ mort et ressuscité. Dans la Lettre aux Romains, saint Paul rend grâce à Dieu pour les dons prodigués dans cette œuvre rédemptrice : la foi au Christ par laquelle nous sommes justifiés, la ferme espérance de la gloire, puisque nous en recevons par la grâce un avant-goût, et l’amour de Dieu répandu en nos cœurs, source de la foi et de l’espérance, et source de cette charité dont nous devenons nous-même capables.

Dieu a envoyé son Fils alors que nous étions encore pécheurs. Dieu lui-même s’est fait proche de nous. En Jésus « habite corporellement la plénitude de la Divinité » (Col 2, 9). Cette Plénitude toute proche de nous veut habiter en nous : l’Esprit Saint répand en nos cœurs ce qui remplit le cœur de Jésus. Dieu lui-même se donne à nous. Dans l’Évangile, Jésus demande à ses disciples de le croire : « Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. » (Jn 16, 15) La Divinité dont la source est le Père lui appartient tout entière, et l’Esprit Saint nous donne tout ce qui est à Jésus. Ainsi notre divinisation par la grâce n’est rien moins que l’inhabitation de cette Plénitude en nos cœurs, la même Plénitude qui habite corporellement en Jésus, jusqu’à ce que Dieu soit tout en tous.

Par le père Romain Civalero