« La force du Lion et la douceur du Miel »

« La force du Lion et la douceur du Miel »

« De celui qui mange est sorti ce qui se mange, et du fort est sorti le doux. » (Jg 14, 14) Il y a deux manières de résoudre l’antique énigme de Samson : ses ennemis ont employé la ruse et la traitrise, et Samson a répondu par la violence de l’homme ancien. L’autre manière est celle du Christ, toujours nouvelle : à la violence il a répondu par l’amour, la douceur et le don de la paix. Dans la Communion à son Corps et à son Sang, il se livre comme notre paix, notre unité, notre vie.

La nouveauté du Christ s’exprime dans nos rites, dans la manière que Dieu emploie pour faire de nous ses fils adoptifs : le signe de l’Alliance est changé. Ce n’est plus par la Circoncision que nous recevons la vie divine, mais par l’eau du Baptême. Le signe change, et le don de Dieu grandit : les eaux mortelles du déluge, celles de la Mer rouge et celle du Jourdain ont été traversées par Noé, par Moïse et par Josué. L’eau devient le signe de notre libération de la mort et du péché, et l’Esprit Saint nous rend justes par la foi, comme Abraham. Pourtant la nouveauté du Christ se donne aussi comme unité des Juifs et de Païens qui entrent dans l’Alliance : des pains azymes de la Pâque et des pains offerts au Temple, Jésus en fait la matière de l’offrande des chrétiens. Dans la Messe, le signe demeure et dit l’unité. Ici le changement n’est pas visible, mais accessible au regard de la foi : l’Esprit Saint consume ce pain, et ce n’est pas seulement la justice qui est donnée. C’est le Juste, Jésus-Christ notre Maître et Seigneur, qui est présent et se donne en nourriture.

Du Fort, le Père qui est plus grand que tout, sort le doux, son Fils Jésus qui se fait tout petit. Jésus se donne en nourriture aux petits qu’il aime. Pourtant, lorsque nous le recevons et le mangeons, il nous assimile à lui.

Par le père Romain Civalero