« Ils virent la gloire de Jésus. »

« Ils virent la gloire de Jésus. »

Qu’est-ce que la gloire ? La question se pose immédiatement lorsque nous entendons dans l’évangile que Pierre, Jacques et Jean « virent la gloire de Jésus. » En raison de l’usage actuel du mot, nous pourrions penser qu’ils ont vu la renommée de Jésus chez les hommes. Mais cela serait un contresens ! En effet, l’épisode de la Transfiguration se déroule dans un cadre confidentiel. Seuls ces trois apôtres sont conviés à cette manifestation de Jésus. Sa gloire ne peut donc pas être sa renommée dans la Palestine de son temps. D’ailleurs, en parcourant la Bible, nous découvrons que la gloire désigne plutôt le poids d’une chose ou d’une personne et, par conséquent, son rayonnement. On peut par exemple trouver des références à la gloire du vêtement d’Aaron dans l’Exode, à celle du Temple dans Aggée ou à celle de Jérusalem dans Isaïe. Ici, précisément, Jésus rayonne ! « Pendant qu’il priait, son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante », nous rapporte saint Luc. Voir la gloire de Jésus pour ces témoins privilégiés consiste donc à être initiés à son importance réelle, à s’approcher de son être profond et à traverser les apparences qui, du reste, peuvent éventuellement fonder sa renommée.

Et nous ? Qu’avons-nous vu de la gloire de Jésus ? Avons-nous un regard superficiel sur Jésus ou avons-nous compris quelle est sa gloire ? Entendre ce récit de l’Évangile au cœur du Carême est une excellente chose pour nous aider sur ce point. Cela nous permet de nous interroger sur le sens de nos efforts en matière de privations, de prière ou de partage. Servent-ils à nous prouver que nous avons encore une capacité à résister à nos tendances à la gourmandise, à l’oubli de Dieu ou à l’égoïsme ? Ou sont-ils l’expression de notre résolution à nous rapprocher de Jésus dont nous avons vu la gloire, cette gloire qu’Il nous appelle à partager ? Puissions-nous poursuivre notre chemin de Carême dans la seconde perspective ! L’évangile de ce dimanche nous le rappelle : notre marche de Carême doit être guidée par une seule considération, celle d’écouter la parole de Celui que le Père nous désigne comme son Fils.

Par le père Philippe de Forges

Image: Raphael, La Transfiguration