« Invoque le Nom du Seigneur ! »

« Invoque le Nom du Seigneur ! »

Jésus est conduit au désert pour y être tenté. Ce désert est la mémoire d’un chemin : le chemin sortant de l’Égypte jusqu’à l’entrée dans la terre où coule le lait et le miel, la terre promise ; un chemin d’arrachement à l’esclavage et de conquête de la liberté. Mais au milieu des terres arides, une redoutable épreuve attend celui qui l’a emprunté : lorsque la faim et la soif se font sentir, en quel sens continuer la route ? Celui vers une terre inconnue où seule la pluie arrose le sol pour qu’il fructifie, ou celui d’un retour en Égypte, où l’homme est capable de canaliser le Nil pour contrôler ses récoltes ? De qui voulons-nous dépendre ?

Ce désert est alors la mémoire d’un combat : qui conduit la marche dans ce désert ? Quel esprit est à l’œuvre ? Les apparences sont terribles : c’est le diable qui conduit Jésus d’abord « plus haut », pour lui présenter tous les royaumes de la terre, puis à Jérusalem, au sommet du Temple. De même, quel esprit agitait Moïse, lorsqu’il mène le peuple en ce désert où l’on meurt, et jusqu’au sommet d’une montagne d’où l’on voit toute la terre promise, mais qui semble pourtant gardée par des murailles et des soldats invincibles.

Mais ce désert est pour nous la mémoire d’une victoire : le Jourdain s’est ouvert pour laisser entrer le peuple de Dieu porteur de l’arche de l’Alliance, les murailles de Jéricho sont tombées au son des acclamations des trompettes liturgiques, car c’est le Seigneur qui a conduit son troupeau nuit et jour, dans cette colonne de nuée, ces ténèbres lumineuses. Et Jésus est conduit au désert dans l’Esprit Saint : les tentations de n’attendre sa propre subsistance et survie (1) que de soi-même, ou bien (2) d’un faux dieu, voire même (3) d’un pouvoir magique sur le Dieu véritable, ces tentations sont vaincues.

Par le père Romain Civalero