« Tu es bénie entre toutes les femmes, et béni est le fruit de ton sein ! »

« Tu es bénie entre toutes les femmes, et béni est le fruit de ton sein ! »

C’est avec ces mots que nous connaissons bien qu’Élisabeth répond à la salutation de Marie. Mots qui ont si fortement marqué la conscience des premiers chrétiens, qu’ils ont fini par devenir ceux de nos « Je-Vous-Salue-Marie ». Car aujourd’hui, Luc nous fait tourner nos regards vers la Mère de Jésus. C’est sa salutation qui a ce singulier pouvoir de faire bondir les enfants dès le sein, et de faire fondre l’Esprit sur leur mère. Quel est donc cet étrange charisme, ô Marie ? C’est déjà que la grâce que tu as reçue de Dieu, et qu’est venue t’annoncer l’Ange, n’est pas réservée à toi seule. Ta foi a conduit la réponse que tu retournes à Dieu ; ta foi t’a rendue disponible à l’Esprit ; ta foi t’a fait concevoir le Sauveur en ton sein ; ta foi t’a rendue bienheureuse aux yeux de toutes les générations. Mais autant de grâce, autant de bénédiction n’était pas réservée pour toi ; et cela déborde, passe par les paroles de ta salutation, suscite l’allégresse des tout-petits et l’exultation des vieillards, fait entrer Élisabeth et son enfant dans la grâce de Noël avant l’heure – confirmant ainsi l’Église qui naissait du Peuple d’Israël.

Nous croyons cependant, ô Marie, que ta mission ne s’est pas achevée avec ton pèlerinage sur la Terre. Depuis ton Assomption, en effet, ton « ministère » ne souffre plus des limites du temps et de l’espace : renouvelle-donc, nous t’en prions, à notre profit le prodige dont l’Évangile se fait témoin à nos oreilles ! Que ton charisme déborde une fois encore, qu’il touche nos cœurs de l’allégresse annonciatrice du Salut – que nous soyons petits enfants ou avancés en âge ! Qu’ainsi soit confirmée, et suscitée à nouveau la joie éternelle de l’Église – la joie de Noël !

Par le père Olric de Gélis

Image de la Visitation de Bradi Barth