«À côté de la Sagesse, j’ai tenu pour rien la richesse.» (Sg 7, 8)

«À côté de la Sagesse, j’ai tenu pour rien la richesse.»  (Sg 7, 8)

Après son échange avec l’homme riche, Jésus dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Cette exclamation de Jésus – et la célèbre comparaison du chameau prétendant passer par le trou d’une aiguille – nous sont sans doute familières depuis le temps que nous fréquentons les églises ! Du reste, nous sommes peut-être lassés de ces propos de Jésus sur les richesses, voire même tentés de les réserver aux moines et aux moniales liés par un vœu de pauvreté.

En ce dimanche, la première lecture pourrait toutefois nous aider à mieux les comprendre. Dans ce passage du livre de la Sagesse, il est fait référence à la prière de Salomon rapportée dans le premier livre des Rois (1 R 3, 6-12). Alors que ce grand roi pouvait demander à Dieu de longs jours, la richesse ou la mort de ses ennemis, il a préféré demander la Sagesse. C’est pourquoi, selon le livre de la Sagesse, Salomon proclame : « à côté de la Sagesse, j’ai tenu pour rien la richesse ». En cela, nous comprenons bien qu’il se comportait déjà en sage, sachant reconnaître ce qui est le plus essentiel à un roi : la Sagesse pour gouverner son peuple. La suite de la première lecture nous relate alors qu’en faisant ce choix, il n’a pas été déçu, car « tous les biens [lui] sont venus avec la Sagesse » et « par ses mains, une richesse incalculable ». Entendue en préambule à l’évangile de l’homme riche, cette confession ne nous aide-t-elle pas à comprendre l’invitation de Jésus à nous détacher des richesses ? À la lumière du choix de Salomon, il apparaît que Jésus ne veut pas que nous en soyons dépourvus ! En nous alertant sur le danger des richesses, il vise celles qui nous décevront au regard de la Sagesse par laquelle viendront « tous les biens » et « une richesse incalculable ». La question se pose désormais à nous : voulons-nous avant toute chose la Sagesse de Dieu et les richesses que Celle-ci nous donnera ? Dans ce cas, il s’agit de tout quitter à cause de Jésus et de l’Évangile pour recevoir ce qu’Il nous promet.

 

Par le père Philippe de Forges