« Maître, où demeures-tu ? »

« Maître, où demeures-tu ? »

Cette question d’André et Jean peut s’entendre à différents niveaux :

– « Où est ta maison ? »… mais ce n’est pas cela qui les intéressait. Ils ont dû trouver un pied-à-terre assez provisoire et sommaire, car Jésus se voulait itinérant et n’avait guère « où reposer sa tête » (Mt 8,20).

– « Où pouvons-nous te retrouver à coup sûr ? » ; et dans une telle question on  trouve déjà l’amorce d’une fidélité, car il faudra du temps pour écouter Jésus, il faudra que les rencontres deviennent quotidiennes, que toute  leur vie, peut-être, devienne rencontre de Jésus.

– « Avec qui vis-tu, et qui habite ton cœur, jour après jour ? » C’est là le vrai niveau de la question, car « demeurer« , dans l’Évangile de Jean, c’est le verbe de l’éternité, et de l’éternité qui commence sur la terre partout où des hommes vivent avec Dieu une relation de confiance et d’amour.

« Où demeures-tu ? » La réponse, ils la recevront au long des mois qu’ils vont passer aux côtés de Jésus. Ils la recevront surtout lors du dernier repas, lorsque
Jésus, fraternellement et solennellement, leur dira : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés : demeurez dans mon amour. Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, tout comme moi, en gardant les commandements de mon Père, je demeure en son amour ».

La maison de Jésus, sa demeure, pour le temps et l’éternité, c’est l’amour du Père.

« Venez, dit Jésus, et vous verrez ». Ce sont des réalités que l’on ne voit qu’en cheminant, qu’en approchant le cœur ouvert. « Ils allèrent donc ; ils virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui, ce jour-là. »

Il était quatre heures du soir. Jamais plus ils ne l’ont quitté.

Et nous, voulons-nous voir où demeure Jésus ?

(D’après Jean Lévêque, carme)