«Ne nous laisse pas entrer en tentation ! »

«Ne nous laisse pas entrer  en tentation ! »

Depuis 1966, les fidèles français demandaient au Père céleste de ne pas les soumettre à la tentation. Cette demande, nous l’avons souvent formulée, quotidiennement peut-être ! Alors même qu’elle n’était pas erronée (cf. l’édito de la semaine dernière), nous devons l’abandonner à partir d’aujourd’hui. Avant de réfléchir de nouveau au sens de cette nouvelle traduction, nous pouvons nous arrêter sur l’acte qui consiste à ce que tous les catholiques de France l’adoptent le même dimanche. Cet acte s’inscrit dans la logique du mystère de l’Église au sein de laquelle nous ne prions pas chacun dans notre coin selon nos propres mots, mais nous tournons ensemble vers le Père. Nous allons ainsi, à partir de ce dimanche, prier ensemble le « Notre Père » selon la même traduction française. Quant à cette demande, « ne nous laisse pas entrer en tentation », elle signifie que nous attendons que le Père empêche que nous ayons à mener ce dangereux combat contre la tentation, conscients d’être attirés par elle. De la sorte, nous confessons notre faiblesse et reconnaissons le pouvoir du Tentateur sur nous. Nous chassons toute prétention et toute illusion de toute-puissance, sachant bien que le Tentateur a déjà fait tomber l’homme et que celui-ci n’a pas les moyens d’emporter seul le combat contre Lui. Dans le même temps, il importe que nous nous rappelions que cette prière, comme toutes les demandes du Notre Père, n’est pas une prière jetée dans le vide avec le vague espoir qu’elle sera entendue ! Prière du Fils de Dieu fait chair, le Notre Père est déjà exaucé pour tous ceux qui vivent en Jésus-Christ. Celui-ci a subi la tentation sous toutes ses formes et en a été vainqueur. Il offre cette victoire à ses disciples, les enfants du Père. Notre prière du Notre Père consiste par conséquent à demander ce que le Père veut nous donner avant même que nous lui ayons demandé. Nous ne supplions donc pas le Père de « ne pas nous laisser entrer en tentation » avec un esprit de crainte et de peur devant la force du Tentateur, mais avec la confiance filiale de ceux qui sont sûrs de la victoire du Rédempteur sur le pouvoir des ténèbres.

 

 Par le Père Philippe de Forges