« Que vais-je leur faire ? »

« Que vais-je leur faire ? »

    « Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? »
(Is 5,4) L’ami de l’Époux se demande si le Seigneur pouvait faire plus pour sa vigne rebelle. N’en a-t-il pas pris soin au-delà du raisonnable ? N’en a-t-il pas déjà fait trop ? Son amour n’est-il pas allé déjà très loin ? N’a-t-il pas été trop patient, n’a-t-il pas trop pardonné ?

    Jésus pose la question aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » (Mt 21, 40) Leur réponse semble sans appel : « Ces misérables, il les fera périr misérablement ! » Il n’y a même plus de question à se poser, la patience est déjà à bout, tout a été tenté, il n’y a pas d’autre solution : la seule issue, c’est la mort !

Que notre cœur est prompt à juger ! Et notre cœur se fait notre propre accusateur. C’est ce que veut dévoiler Jésus. Au moment où il arrive à Jérusalem pour prononcer son juste jugement sur la Ville sainte, il dévoile que l’Accusateur, ce n’est pas Dieu : il se cache dans les replis de notre cœur. Mais Dieu est plus grand que notre cœur : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures ? ‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !’
(Ps 117) » Le juste juge a sur les lèvres ce psaume de David, afin que l’Accusateur de nos frères soit rejeté, et que nous soyons rendus justes. Dieu nous veut du bien, et il est capable de nous rendre bons.

Seigneur Jésus, arrache de nos cœur ces jugements que l’Adversaire nous suggère et prépare-nous à accueillir ton salut.

Par le père Romain Civalero